Monday, September 25, 2006

Ne te retourne pas… (25 septembre 2006)

En me retournant dans l’escalier, j’ai senti la force qui voulait me retenir. Et en bas de la cour, je n’ai pu que regarder le ciel encadré par la petite cour. Le vent faisait courir les nuages blancs cotonneux, pressés vers l’ouest. Un dernier au revoir avant de franchir le seuil de la porte mais personne ne le prend.
Le bitume résonne au choc de mes pas. La démarche lourde, je me retourne souvent, n’osant croire à un dernier regard. ‘Au revoir’ porte en lui la promesse d’une nouvelle entrevue, et je sais qu’à partir de maintenant, je compterai les jours. A quoi bon maîtriser le temps, l’enchaîner en cadrans, quand on se rend compte qu’en fait, c’est lui qui a fait tout se précipiter. Mon cœur en reste au regret des mots qui n’ont pas été dits, suspendus par le moment.

Bien sûr, il n’est pas décent de dire combien les gens nous manquent quand nous voulions tant partir.
Bien sûr…

Pourtant, je ne cesse de me retourner à la recherche d’une ombre que je ne verrai pas.

Je comprends enfin, peu à peu, l’imminence du lendemain.

Friday, September 22, 2006

Signes d'automne (21 sept 2006)

Les doigts d'or du soleil couchant parent de richesse la paisible campagne. Parmi les pins au vert éternel, l'on peut distinguer l'odeur forte et parfumée de la sève. Les oiseaux amassés lancent en un fracas discordant l'appel du départ, cherchant ailleurs le trésor qui se dérobe sous leurs pattes.
Un tourbillon de feuilles emportera mes souvenirs, et quand le souffle des saisons enlèvera aux arbres robustes la vie que je sens naître en moi, je m'en irai quérir sous d'autres cieux tout ce que mes errances me dépossèdent.
A jamais le feu restera en mon coeur. Celui de ce doux paysage que j'aime tant recouvrira le ciel bleu qui m'emportera. Et même si je peux pressentir le gel de toutes les forces de la nature, elle restera dans ma mémoire, la brûlure sacrée de mes meilleurs souvenirs.

Effleuré par l'instant (21 sept 2006)

Le voici venu, le moment où l'obscurité noyant de son manteau de velours la terre laisse au rêveur l'opportunité de recréer le monde.
Je contemple le ciel étoilé, saoûl des rencontres et des rires, la tête étourdie par les conversations sans but qui nous ont réunis pendant ces heures. Verre après verre, rire après rire, mon coeur bat la chamade. Déjà sous les rides d'un rire je devine les sillons d'où perleront de paisibles larmes tues dans le flot de l'obscurité.
Rempli de joie, sentant le temps s'égrainer, je n'accepte cependant pas le fleuve si logique du temps. L'aube illumine déjà le ciel mais ma peau ressent le frisson de la douce brise qui m'a caressé le visage le souffle d'un soupir, en cette nuit étoilée. Clair-obscur déroutant que ce matin jouant avec mes souvenirs, prolongeant la mémoire si fraîche de cet instant dans un souhait d'immortalité. Les sentiments portent en eux le désir de se cristalliser pour ne plus muer!

En me tournant, je devine la silhouette familière d'une amie. Un instant immobile, suspendu au souhait d'être là, simplement, toujours...